Mairead O’Heocha


Résidence de recherche du 3 avril au 3 sept. 2026

Mairead O’Heocha, artiste peintre, réinterprète le paysage, la nature morte et d'autres genres picturaux à travers ses rencontres et expériences du quotidien. Ses œuvres proposent une forme de voyage temporel ambigu à travers l'histoire de l'art, et soulignent la manière dont nous, humains, façonnons le « monde naturel » à notre propre image.

Son passage à la Factatory l'a menée à l'Aquarium de La Mulatière et à la piscine du Lou, située juste en face de la résidence — ce qui, selon elle, ne relevait pas du hasard alors que cet été-là s'annonçait comme l'un des plus chauds jamais enregistrés. Immergée dans ces lieux, elle a laissé émerger une recherche d'atelier matérialisée par une série d'études colorées sur papier. Cette démarche s'appuie sur ses réalisations antérieures et sur son intérêt pour la façon dont le règne animal joue avec la lumière, la forme et la couleur, entre camouflage et adaptation à l'environnement. Des silhouettes semi-transparentes dialoguent ainsi avec des motifs récurrents tels que des coquillages, des serpents et des crânes. En explorant les échos entre ses nouvelles créations et ses travaux passés, elle a croisé ces multiples motifs et idées pour impulser un nouveau virage dans sa pratique.

Elle souligne que la lumière éclatante de l'été lyonnais possède une stabilité et une intensité bien différentes du climat changeant et souvent humide de son Irlande natale. Cet impact s'est traduit par un glissement très net de sa palette vers un registre beaucoup plus clair qu'auparavant. Attirée par l'eau, elle a alimenté ses recherches en dessinant sur le motif au bord du bassin et en nageant équipée d'une caméra sous-marine. De diverses manières, toutes ces expériences ont laissé leur empreinte dans les peintures finales. La thématique aquatique traverse l'ensemble de ce travail, tout comme son intérêt continu pour les technologies optiques, l'imagerie numérique et leur influence sur notre rapport à la nature. Enfin, la figure humaine y fait son apparition : un écart notable par rapport à ses œuvres précédentes, qui marque peut-être une nouvelle direction dans sa démarche.



Photos © Mairead O’Heocha