Claire Rolland


Résidence du 8 sept. au 23 déc. 2025

Lors de cette résidence, j’ai investi le rez-de-chaussée de la maison de la Factatory comme on habite un lieu. J’y ai installé ma « chambre à voir », un espace de recherche traversé par deux états de lumière : celle du jour, diffuse et changeante, et celle de la nuit, artificielle, saturée. Dans cet entre-deux, j’ai engagé une exploration intime liée à une part de son héritage familial : une boîte de nuit au cœur de la Bretagne, dans laquelle j’ai grandi lorsqu’elle n’était plus habitée la nuit.

« Qui a t’il sous votre papier peint ?»
Georges Perec, L’infra-ordinaire

Le travail a commencé par des gestes simples : retourner des affiches, nettoyer les vitres, ouvrir les pièces à la lumière naturelle. Peu à peu, ces surfaces ordinaires sont devenues des supports d’apparitions temporaires, des compositions fragiles, appelées à se transformer au fil des heures, du jour à la nuit.

À la tombée du jour, d’autres images ont émergé. La lumière nocturne — l’éblouissement, la saturation — s’est mêlée aux souvenirs flous, aux sensations persistantes, aux corps libres laissés en mémoire. Ces réminiscences ont nourri deux axes de recherche : une installation lumineuse activée par la présence des corps, et un travail de sérigraphie où le mouvement et la couleur se déposent par strates, entre transparence, brillance et fragilité.

La restitution s’est imaginée comme un temps partagé, collectif et festif. En invitant deux DJ, j’ai proposé d’activer l’espace par le son et le mouvement, prolongeant la recherche dans l’expérience sensible des corps en présence.

Claire Rolland

“Ne pas fixer le souvenir, ne pas le regarder. Ne rien lui demander. Juste le laisser grandir et prendre tout l’espace. Avec le souhait, secret, de le faire germer, passé et avenir réconciliés.”  

Petit éloge de la nuit, Ingrid Astier




Photos © Claire Rolland