097 / MARS À MAI 14

'COHABITATION#2'

Pauline Bastard / Beat Lippert

Commissariat Guillaume LINARD-OSORIO

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Photos: EmilienADAGE©2013


Exposition › 07.03.14 › 16.05.14
Vernissage  ›  06.03.13 › 18H30

 

Faisant suite à l’exposition ‘Cohabitation #1 : Laurent Le Deunff & Samuel Richardot’ de 2013, l’artiste Guillaume Linard-Osorio, en tant que commissaire invité, se lance dans l’écriture du second épisode.
À cette occasion, des œuvres et objets personnels des artistes Pauline Bastard et Beat Lippert viennent cohabiter au sein d’un accrochage formel et sensible.

Exposition réalisée grâce au concours des entreprises Infovision France et Ben Chelbi Mehdi. 

 

 

(...) Il est 7h00. Pauline ouvre les volets. La lumière entre. Cette maison là lui parle, elle voudrait l’emmener avec elle.
Il est 7h00, Beat est déjà dehors, il escalade une petite montagne (pas la même qu’hier, mais elle lui ressemble). Plus loin, il ramasse une pierre qu’il emmène avec lui (...).

Extrait du projet de journal de la rencontre probable entre Pauline Bastard et Beat Lippert. Mars 2014.

L’histoire des hommes laisse des traces. On les trouve, on les interprète, on construit un récit véritable. L’histoire des choses est presque semblable, l’imagi- nation en plus. Les hommes comme les choses posent lourdement la question de l’origine et du devenir.

Ce caillou tient dans ma main. Il est froid. Etait-il une pierre plus grande avant? Deviendra-t-il sable ? Quel âge a-t-il ? A présent il est tiède. Je le livre au test du Carbone 14.
Il raconte une montagne, et la mer au bord qui n’existe plus. Je comprends son histoire et sa géographie, et par lui l’histoire et la géographie en général. Je reconstruis l’univers, je l’illustre. Ca y est. J’ai compris. Le passé raconte le présent, le présent prédit l’avenir.

C’est une évidence. C’est une évidence bien chiante ma foi.

Et si, pendant le test, un atome se glissait entre le carbone et le caillou. Un virus dans le carbone ; un bug dans l’histoire. Je crois que Beat Lippert envisage le monde à cette condition : il faut considérer l’erreur, lui donner une place, la rendre fertile. Dés lors, le passé est suspect et il faut l’interroger autrement.

Pauline, elle, ne lui pose pas de question. Elle le force en agissant sur le présent et en inversant le processus naturel de l’érosion des choses. Pauline rend à la terre ce que l’homme y a transformé. Une chemise : du coton. Un arbre, une branche, une poutre, une charpente, une maison : une maison, une charpente, du bois, de la poussière. Ses actions modestes et presque instantanées sur la matière, invitent à une contre-lecture du temps : avenir et passé tête-bêche, pour une autre lecture d’aujourd’hui.

Beat Lippert est né en 1977, il vit et travaille à Genève. Il a étudié la sculpture, l’archéologie et les arts visuels dans diverses écoles à travers la Suisse. Il a no- tamment exposé au Kunstmuseum de Zurich, au Mamco de Genève, à la Ga- lerie centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec et au Contemporary Art Centre de Vilnius. Il est représenté par la galerie TMproject, Genève.

Pauline Bastard est née en 1982, elle vit et travaille à Paris. Après avoir étudié la mode, l’environnement, les arts numériques et les arts visuels entre la France et les Etats-Unis, elle a exposé ses travaux, entre autres, au Centre Pompidou de Paris, à la galerie Barbara Seiler à Zurich, à la Nettie Horn Gallery à Londres et au 18th street Art Centre de Santa Monica. Pauline Bastard est représentée par la Galerie Eva Hober, Paris.

Nourris par la pluralité de leurs études et de leurs voyages, ils s’engagent aujourd’hui dans une pratique transversale qui consiste à reconstruire le monde tel qu’il est. Ou presque.

Guillaume Linard-Osorio, mars 2014 

 

 

 

 

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