115 / SEPTEMBRE À NOVEMBRE 17

   

  • 115_01
  • 115_02
  • 115_03
  • 115_04
  • 115_05
  • 115_06
  • 115_07
  • 115_08
  • 115_09
  • 115_10
  • 115_11
  • 115_12
  • 115_13
  • 115_14
  • 115_15
  • 115_16
  • 115_17
  • 115_18

 

Amandine ARCELLI

MERA NAAM JOKER


Exposition › 08.09.17 › 17.11.17
Vernissage › 07.09.17 › 18h30

 En Résonance/Focus de la 14ème Biennale de Lyon

 
 Assembler, attacher, plaquer, enduire, suspendre, sont les gestes qu’emploie Amandine Arcelli pour travailler la matière. Des gestes « premiers » renvoyant aux techniques ancestrales de construction par lesquels elle manipule des matériaux familiers, constitutifs de notre environnement et plus précisément de notre habitat. Fibre de verre, corde, tuyaux de canalisation, plaques isolantes, ou encore laine de roche, des produits couramment utilisés de nos jours par les bâtisseurs auxquels elle associe divers éléments de la vie quotidienne collectés au hasard de ses trouvailles. Des compositions de grande envergure auxquelles, par l’ajout de pigments, elle imprime une vie. 

 Amandine Arcelli interprète les éléments qui constituent nos modes de vie, les constructions qui nous abritent, les rituels qui rythment notre quotidien. Et si le titre de l’exposition « Mera Naam Joker » peut sembler énigmatique et mystérieux, il introduit, par sa référence à un film indien culte éponyme, la métaphore des trois grands âges de la vie. Une dimension anthropologique que l’on retrouve dans ses sculptures qui développent souvent des formes totémiques, induisant une communication entre matière et spiritualité. Des œuvres dont la forme rappelle d’ailleurs assez indirectement des masques africains. Des visages certes abstraits, mais qui créent une frontalité et convoquent une réflexion sur nos origines et notre évolution.

De retour d’un voyage d’un mois dans le sud de l’Inde, un pays où les modes de construction traditionnels perdurent, Amandine Arcelli s’est inspirée des techniques et savoir-faire indigènes, notamment celui qui consiste à tapisser les murs extérieurs des maisons en terre d’un mélange de bouse de vache malaxée avec de l’argile et de la paille, pour réaliser des œuvres qu’elle définit elle-même comme des « sortes d’habitat ». En utilisant des stabilisateurs de gravier, structures alvéolées qu’elle remplit de plâtre, elle crée des surfaces comparables aux murs de ces maisons indiennes, interprétant ainsi avec les outils et les matériaux contemporains les coutumes ancestrales. Des compositions par superpositions qui revêtent toute la force symbolique et spirituelle de la tenue rituelle du chaman. L’habitat dépasse alors sa fonction originelle et devient  « métaphore du corps, il informe sur les valeurs de toute culture, sur ses représentations symboliques et sur l’environnement naturel. » (1)

Les œuvres d’Amandine Arcelli sont l’expression d’un corps, celui de l’Homme dans un habitat et dans un environnement, mais surtout celui de l’artiste qui travaille et ajuste les gestes à son échelle. Pour cette artiste qui envisage toujours à l’avance le contexte dans lequel l’œuvre va être exposée et vivre à la vue des spectateurs, la création n’existe que par rapport à un lieu précis. Prenant naissance et se déployant dans l’espace d’exposition, ses réalisations deviennent alors de véritables extensions du lieu qui les accueille.

 

 

(1) Extrait de «Anthropologie de l’habitat», conférence donnée le 28 janvier 2000 par Pascale Manuello à la Maison de la philosophie à Toulouse. (Source : https://www.alderan-philo.org/telechargement/attachment.php?id_attachment=207)

 

 

Valérie Toubas & Daniel Guionnet

 

Photos © David Desaleux

galerietator-3.png